Ou bon mois, au vu de la fréquence de mes post… Pour me faire
pardonner, voici un making of « comme si vous étiez dans mon cerveau »
de la dernière case d’une page de Rey, La Guerre des Mages.
Alors, déjà, cette case est là pour conclure une histoire
courte de six pages = dernière impression donnée au lecteur = faut pas se louper
= stress. Ça commence bien !
J’avais une idée de départ, qui donne de la cohérence
globale à l’album (pour ceux qui ne suivent pas, cette troisième histoire
courte explique la première et la deuxième histoire courte) : reprendre l’illustration
qui sert de couverture à la publication internet :
Bon, il faut l’adapter, bien sûr. Voici comment elle
pourrait s’insérer dans la page :
Pas terrible… En fait, cette illus toute seule, peut
fonctionner, mais dans la planche, et avec le texte (« courage Méliane, J’arrive »),
c’est un peu mauvais. On perd tout l’élan de Rey, qui est maintenant « laché »,
qui doit aller vers son but (le château). Bref, comment dynamiser un peu ça ?
Un truc que j’utilise régulièrement : exagérer l’effet
de profondeur. Mouais, ça change un peu… Y a encore un truc qui me chiffonne :
le sens de lecture !
Et paf ! Comment n’y ai-je pas songé plus tôt ?
Dans toute la planche, le but à atteindre se trouve sur la droite de l’image (d’ailleurs
la fille de Rey se trouve rejetée vers la gauche, car elle n’ira pas au but).
Pourquoi changer à la dernière case ? Pour conserver l’illustration de
base ? N’est-ce pas une mauvaise raison ? Alors c’est parti, on
inverse !
Évidemment, la symbolique de l’illustration (le bras que Rey
se couvre est celui qui sera tranché) y passe, à cause de l’inversion. Mais ça
ne me dérange pas trop… Bon, alors le crayonné aboutit à ça… Mouais, pas super
dynamique… Heureusement il y a To-to-shop ! Un petit bidouillage, on
incline, et tout de suite, on se sent un peu plus impliqué ! On peut
encrer, maintenant :
Ben voilà, y a plus qu’à mettre les couleurs ! Bien sûr,
faut être raccord avec l’histoire 1, qui est la suite chronologique de celle-ci…
Donc retoucher les couleurs quarante fois (j’ai déjà dit merci à To-to-shop ?).
Et voilà !
Ouf, non ? Et encore, j’ai dû oublier quelques étapes,
quelques réflexions, pistes inexploitées, etc… Surtout qu’il m’arrive de « laisser
trainer » des planches pendant plus de temps qu’il ne faut pour les faire
(quand je bosse sur autre chose). Eh Bien dans ce cas, la machine inconsciente
continue de tourner et des réponses arrivent dans les moments les plus
incongrus !
Avant de vous laisser, petit rappel : les liens par
lesquels vous pouvez suivre les trois histoires courtes en ligne. Cliquez
dessus, lisez, et commentez !